
Depuis le 12 juillet 2008, près de 200 tremblements de terre ont été enregistrés en Brabant Wallon, et plus précisément dans la région de Court-Saint-Etienne et Ottignies. Il s'agit de secousses légères d'une magnitude généralement inférieure ou égale à 2 sur l'échelle de Richter, avec toutefois quelques secousses plus fortes : le 12 juillet 2008 (magnitude 2.2), le 9 août 2008 (deux tremblements de magnitude 2.2), le 12 septembre 2008 (magnitude 2.2), le 13 septembre 2008 (magnitude 2.6), le 20 décembre 2008 (magnitude 2.4), le 3 mars 2009 (magnitude 2.8), le 26 mars 2009 (magnitude 2.3), le 26 décembre 2009 (magnitude 2.5), le tremblement le plus important s'étant produit le 13 juillet 2008 (magnitude 3.2).
Vous trouverez, via le menu de droite, la carte des tremblements de terre et leurs épicentres en Brabant Wallon (en cliquant sur "carte") ainsi que la liste chronologique des tremblements de terre brabançons wallons (en cliquant sur "liste")
Y a-t-il danger ?
Selon l'Observatoire Royal de Belgique, il s'agit en l'occurrence de ce que l'on appelle un "essaim" ou encore une "séquence" de tremblements de terre, c'est-à-dire d'une série de séismes de faible magnitude, dont les épicentres sont localisés dans une petite région et qui ont lieu durant un laps de temps qui peut varier de quelques semaines à plusieurs mois.
A l'inverse des tremblements de terre plus conséquents, comme celui qui s'est produit récemment à Haïti, où la magnitude est élevée et où les répliques qui suivent vont en diminuant, un "essaim" de tremblements de terre n'évolue pas selon un schéma clair. Il n'y a pas de secousse principale ni de répliques. Il s'agit donc bien de deux phénomènes différents et il ne faut pas voir cette vague comme un signal annonciateur d'un plus gros séisme, selon les sismologues.
S'agit-il d'un phénomène rare ?
Si les séquences de tremblements de terre ne sont pas fréquentes dans nos régions, elles ne sont pas non plus un phénomène rare. En effet, au cours des 30 dernières années, plusieurs séquences de tremblements de terre ont été observées en Belgique, notamment dans la région hennuyère de Dour où 58 secousses ont été enregistrées entre févier et mai 1987 (avec une magnitude maximale de 2.6), dans la région de Charleroi où 24 secousses ont été enregistrées entre septembre et novembre 1987 (magnitude maximale de 2.4) ou encore dans les Hautes Fagnes où 105 secousses ont été enregistrées entre octobre 1989 et mars 1990 (magnitude maximale 2.3).
Et si on remonte un peu plus loin dans le temps, on observe que la région de Court-Saint-Etienne a déjà été secouée par une série de seismes entre le 6 janvier 1953 et le 11 février 1957. Les tremblements les plus importants ont été enregistrés le 06/01/1953 à 23h58 (magnitude 4.0), le 28/08/1953 à 00h05 (magnitude 3.6), le 28/08/1953 à 00h06 (magnitude 3.4) et le 21/04/1956 (magnitude 3.4).
Est-ce normal de ressentir des secousses aussi faibles ?
Normalement, l'être humain ne perçoit pas les tremblements de terre d'une magnitude de moins de 2 sur l'échelle de Richter. Or, en Brabant wallon, chacune des secousses qui se sont produites ont été ressenties jusqu'à parfois plusieurs dizaines de kilomètres. Dans certains cas, les témoignages parlent de tremblements de terre (meubles qui bougent), mais la majorité des habitants comparent ces secousses à un bruit d'explosion accompagné de vibrations.
Il semble que ces secousses sont ressenties du fait de leur faible profondeur. D'après les sismolgues, ce serait lié à la géologie du Brabant Wallon. En effet, la vallée de la Dyle laisse apparaître des effleurements rocheux, signe que l'épaisseur des sols au-dessus de la roche n'est pas très importante. Et donc, les secousses y seraient moins amorties que dans d’autres régions.
L'Observatoire Royal de Belgique a installé des appareils de mesure et d'observation dans la région de Court-Saint-Etienne afin d'avoir une idée plus précise de la façon dont les ondes se propagent dans le sol brabançon. Les résultats de ces études devraient permettre de prévenir d’éventuels séismes plus importants qui pourraient, ou non, survenir à l’avenir.
Pourquoi la terre tremble-t-elle en Brabant Wallon ?
Il faut savoir que la Belgique est située dans une zone qualifiée d'intraplaque, loin des frontières actives des plaques tectoniques, là où se produisent la plupart des tremblements de terre. Mais cela n'exclut pas d'avoir, chez nous, des failles dites actives et donc des tremblements de terre. Toutefois, ces tremblements de terre sont moins fréquents et moins importants en intensité qu'aux limites des plaques.
La Belgique est divisée en plusieurs zones dites seismotectoniques. La zone concernée par les tremblements de terre brabançons est le massif anglo-brabançon qui s'étend sur les provinces du Brabant, d'Anvers et des Flandres jusqu'au Nord de la Zélande et sous la Mer du Nord. La séismicité y est plutôt modérée mais les tremblements de terre peuvent toutefois y être forts. Ce fut le cas le 11 juin 1938 dans la région de Renaix-Oudenaarde avec un séisme de magnitude 5.6 qui a causé de nombreux dégâts assez importants et au Roeulx en 1995 où la magnitude était de 4.5.
Le plus important tremblement de terre enregistré dans le massif anglo-brabançon est celui de 1382 en Mer du Nord avec une magnitude estimée à 6.0. Quant au plus grand tremblement de terre enregistré à proximité du Brabant Wallon, il s'est produit à la limite entre la Hesbaye brabançonne et liégeoise en date du 23 février 1828 avec une magnitude estimée à 5.0.
Pour en revenir au tremblement de terre survenu le 13 juillet 2008 dans la région de Court-Saint-Etienne/Ottignies et selon l'Observatoire Royal de Belgique, le mécanisme de foyer montre soit un décrochement dextre le long d'une faille orientée est-nord-est/ouest-sud-ouest, soit un décrochement senestre le long d'une faille orientée nord-nord-ouest/sud-sud-est. Les épicentres de la séquence montrent un léger alignement dans la première direction. Il est toutefois trop tôt pour parler de certitudes en ce qui concerne la profondeur et la localisation. C'est pourquoi, des stations sismiques temporaires ont été installées dans la région. Elles devraient permettre d'améliorer la localisation des différents événements sismiques et donc des paramètres de la zone de faille responsable de cette activité.
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